La naissance de l’écriture

NAISSANCE DE L'ECRITURE

Ecrire avant de lire ...

Naissance de l’écriture

La naissance de l’écriture avec le proto-araméen

La Nouvelle Linguistique Antique est la recherche de la première racine d’un mot dans le premier alphabet connu, le proto-araméen, sorti des hiéroglyphes, ou plutôt, du cunéiforme (Mésopotamie), de ces pictogrammes du « suméro-akkadien », vers l’an

-1800, à l’époque du Roi « Hammourabi » de Babylone, d’origine amorrite, et qui signifie en akkadien : « Ham » – la famille, l’aïeul et « Rabi » ou « Rapi », (le P se dit B) « Rofe » (le P se dit  F) – Qui guérit.

Il est d’une famille noble « Rabi », qui soigne, qui prévient … Tout un code législatif et d’éthique ! (« Ethikos » –grec-conforme aux mœurs). C’est à cette époque que naîtra Abraham, dont les données archéologiques, qui sont des faits historiques, le situent aux alentours de l’an -1800 également. Nous le retrouvons dans la Bible avec ses deux fils : Ismaël et Isaac (dans Genèse : chap.11 verset 10 et chap. 25 verset 18). Il se nomme Abram, en hébreu :  אברם  et en proto-araméen : אברם, il n’y a pas de lettres finales en proto-araméen, ce proto-araméen de l’époque d’Abram, lorsqu’il est le père des araméens de son pays natal, avant d’être le père de la multitude ou de tous les peuples, lorsqu’il prendra le nom d’Abraham en proto-araméen  אברהם , Abraham אברהם en hébreu et Ibrahim en arabe.

Rachi, un Rabbin, un exégète, légiste, né au XIèmesiècle à Troyes (1040-1105), dont la qualité est la littération, l’association de chaque lettre afin de découvrir la racine du mot, dont le sens sera le plus ajusté, source d’un dialogue de paix universelle entre les êtres. Rachi est un Rabbin qui a des disciples chrétiens ; grâce à sa probité envers l’écriture, comme Nicolas de Lyre qui influencera Martin Luther pour sa Bible en son temps, Rachi (Rabbi Chlomo Ben Itzhak Ha Tzarfati – Rabbin Salomon fils d’Isaac le Français !), littère Abramdans sa paracha (section) de la Bible  « Lekh-Lekha » : « Va vers toi » … Dit l’Eternel à Abram, puis à Abraham!

ABRAM : (Rachi dit), AB(père) ARAMI(araméen), d’où ABRAM le père de sa terre, de son pays natal (Aram) à l’époque des sumériens, puis des akkadiens.

C’est l’époque où les araméens utiliseront le papyrus pour écrire, à partir des symboles akkadiens, dessineront des lettres carrées et auront un alphabet de 17 lettres* qui prendra le nom de proto-araméen.

Les araméens ont été les premiers à écrire et à diffuser dans le monde oriental et asiatique cet alphabet proto-araméen, ce ne sont, ni les phéniciens, ni les hébreux qui ont diffusé cet alphabet proto-araméen en Orient. L’écriture hébraïque tournera autour de l’écriture de la Bible.

Les phéniciens, quant à eux, seront les grands diffuseurs de l’écriture proto-araméenne, ainsi que de l’écriture protosinaïtique (réduction des hiéroglyphes), vers le bassin méditerranéen et plus particulièrement en Grèce.

Les formes, les sons et les sens de ces proto-écritures seront modifiées et adaptées par ce peuple de grands navigateurs …

Il sera d’ailleurs très intéressant de souligner toutes les similitudes entre l’écriture phénicienne et l’écriture grecque dès leur origine (l’an -800).

Les Araméens quant à eux, diffuseront leur alphabet, en Inde, en Arabie, aux confins de la Chine.

La langue hébraïque n’est qu’un rameau détaché de cet arbre, ce chêne, qu’est l’écriture proto-araméenne.

C’est avec les racines de cette proto-écriture, protolangue, ce proto-araméen que nous ferons ces ponts du langage, que nous découvrirons la valeur numérique d’une lettre (A=1 ; B=2).

Grâce à cette GUEMATRIA (Guea=la terre ; Matria=la mesure ; Gramma (sous entendu)=le poids), d’où le nom de GEOMETRIE, cette science où chaque lettre à une valeur numérique d’où son nom de Science des lettres avant le mot de « mathématique » (mathematikos, en grec – qui signifie : science, étude, connaissance).

Ainsi de chaque mot, nous referons le chemin de cette « Nouvelle Linguistique Antique », restituée et littérée, dont le caractère universel est indéniable.

« Même un Gaston Maspero (juin 1846-juin 1916), un savant reconnu dans sa magistrale « Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique », ne souffle mot du premier et du plus fécond de ces peuples, les Sumériens. » Avant propos de Jean Bottero ((1914-2007), Dominicain, assyriologue, exégète biblique, archéologue), d’un livre écrit par Samuel Noah Kramer « L’histoire commence à Sumer », la mode est à l’Egypte antique, Bonaparte est présent ! …

La découverte

Découvrir l’origine des écritures, des lettres, des mots et des chiffres, c’est boire à la source d’un fleuve, goûter un miel de haute montagne; retrouver la trace de nos racines qui poussent sur des terrains pierreux ou argileux et souvent stériles, passer la main sur ces signes gravés à même l’argile, c’est suivre la trace des chevaux …

Que cette trace soit gravée, déchirée, grattée ou simplement écrite, elle existe depuis 4000 ansavant Notre Ereavec les premiers hiéroglyphes égyptiens; avec l’écriture dite «cunéiforme» de «cuneus», «coin» en latin formée de petits clous extraits de l’argile molle, vers 2700 ans avant Notre Ereen pays de Sumer; avec cette écriture symbolique qu’est le protosinaïtique (2000 av. N.E.)qui constitua la première réduction des hiéroglyphes, permettant aux peuples sémites – Akkadiens, Araméens, Phéniciens, Sud Arabiques – de passer du visuel au son.

Ce travail fut effectué par des savants araméens, égyptiens, hittites, chaldéens ou hébreux appelés «alguebras» (ceux qui réduisent les fractures), à la fois scribes et rebouteux.

En premier lieu ils s’inspirèrent du corps humain et de la nature: «main», «bras», «bouche», «dent», «étoile», «bœuf», «aiguillon» … sont les premiers mots qui ouvrent la voie aux idéogrammes, à l’alphabet proto-araméen, phénicien, aux cunéiformes akkadiens, sumériens, ougaritiques, persans, aux caractères chinois, grec, au runique, puis au brahmi, au sanskrit, au cyrillique.

Nous sommes vers 1800 avant Notre Ere; la lettre est née et avec elle les premiers alphabets linéaires tels le proto-araméen, plus tard le phénicien (1400 avant Notre Ere).

La lettre témoigne d’un souffle de vie, d’un essor intellectuel qui éloigne à jamais le mode de pensée de l’être humain de l’instinct animal lié à la survie.

Naissance de l’écriture

Origine et transmission

Au temps où l’être commence à penser, à réfléchir, de bonne foi ce génie aux multiples paradoxes développe ses qualités morales en observant la nature: les animaux, les plantes, les astres, la mer.

 

D’abord il reconnaît les dieux, puis un seul Dieu qu’il respecte et vénère, enfin il se met à croire à la non-existence de Dieu … mais quelle que soit sa croyance, il nommeles êtres, les objets, les plantes et les animaux.

Ce langage lui permet d’échanger, de défaire et refaire le monde à l’image des enfants dans une cour de (ré)création, lieu de rencontre entre des mots qui se découvrent, un frère, une sœur, un cousin éloigné, toute une famille avec un son, une forme, un sens, un nom. A l’état brut les lettres sont rugueuses et leur sens est rude; mais, comme la pierre, elles peuvent être touchées, caressées, polies, ciselées jusqu’à posséder un peu de ce souffle incarné par la lettre E, grâce à la main de cet artisan qui, par son travail, deviendra (é)rudit.

La formation des langues relève de la nature même de l’homme: observer, décrire, symboliser, partager.

Du Sud au Nord, les langues ont été investies des caractéristiques des peuples qui les ont forgées: plus ou moins colorées ou bien allant de façon nécessaire à l’essentiel, plus ou moins imaginatives ou utilitaires.

Dans ce bouillonnement créatif, des notions universelles se dégagent. Des hommes découvrent des mots que d’autres font voyager. Puis, après la réalité physique vient le temps de la métaphysique ; il faut aller plus loin, inventer d’autres mots qui décriront ce que les yeux ne peuvent voir.

La parole, symbolisée en chinois par une bouche, un toit et de l’eau, est synonyme de richesse. L’écriture est un corollaire de la parole, charriée par les siècles – sept siècles entre le phénicien (15èmes. av. N.E.) et le grec (8èmes. av. N.E.) ; quinze siècles de la divination sur des os et des écailles de tortue à la fixation de l’écriture chinoise (1ersiècle, dans une forme latine). Il s’agit en fait d’un long travail de tâtonnement.

Combien de chercheurs et de savants se sont-ils épuisés dans l’ombre à cette tâche méticuleuse de reconstitution de l’écriture? Pourtant, sans eux, point de compréhension du monde antique et à fortioride celui qui nous entoure, et nous savons bien que l’incompréhension engendre la violence.

Origine des mots

Si l’origine précise de la parole nous est inconnue …

L’homme a toujours voulu pénétrer ce mystère de l’écriture, afin de pouvoir signer, prier, communiquer. Pour cela il s’est caché, éloigné, placé au-delà de tout, de l’Occident ou de l’Orient. Aussi, depuis toujours, a-t-il fui les préjugés, sachant que la vie résulte d’une meilleure compréhension entre les peuples, leur langue et leur écriture, luttant jusque dans sa racine la plus profonde contre l’illettrisme et l’alphabétisme qui, avant même la lecture et l’écriture, procèdent avant tout de l’indifférence à l’égard de l’autre.

Origine des mots

nous savons écrire depuis 2000 ans avant notre ère.

Les mots que vous trouverez dans ce volume sont des mots simples, utilisés couramment en français, dont la racine est plus profonde qu’on ne pourrait le penser. Les dictionnaires nous donnent leur signification et brièvement leur étymologie, en grec ou en latin, rarement plus loin, un peu comme si l’on étudiait la Renaissance sans commencer par le Moyen-âge, et le Moyen-âge sans entreprendre l’Antiquité.

Ecrire …

Il fallait écrire pour conserver et protéger la trace d’une civilisation et, plus généralement, exister.

Ecrire …

En Europe …

La racine sémantique du courant indo-européen skerou kerpossède l’idée de «couper» (inciser). En sanskrit krihsignifie «couteau». Si, en français, on dit écrire, en italien scrivere, en espagnol escribir, en allemand schreiben– qui signifient «tracer des caractères»- c’est que l’écriture est une incision. En grec graphô«égratigner», «déchirer». En anglais write, en néerlandais rejtenet en suédois ritasignifient «dessiner».

L’incision, la taille nous laissent à penser que l’argile et la pierre ont été les premiers supports de l’écriture.

Une idée intéressante nous renvoie à l’arabe katabou yaktoub qui signifient «laisser des traces», des traces faites par les pieds du nomade, et à l’idée d’écriture comme «rassemblement des lettres ou des chevaux» (katiba, «escadron»).

Quant aux runes, elles nous renvoient à l’idée du mystère ou du secret (runaen irlandais), où l’écriture est une forme de chuchotement.

Notre langue française s’est formée avec des mots d’origine étrangère … Celtique comme arpent, bec, quai, vassal … allemande comme bac, guerre, cingler, homard, phoque … arabe comme café, émir ou zouave … italienne commeadagio, banque, opéra, pantalon … portugaise comme mandarin et sorbet … hébreu comme abbé, chérubin, amen, éden … provençale comme cigale, mistral, corsaire … anglaise comme chèque, clown, express … et ainsi de suite.

 

Il s’agissait déjà de l’Europe des mots en marche! La langue française est également constituée de noms devenus célèbres. Ainsi l’on traitera un hypocrite de tartuffe (Molière), un homme de chauvin (personnage de l’armée napoléonienne d’un patriotisme aveugle), ou d’hercule (Mythologie)