Naissance de l'écriture

Origine & transmission

NAISSANCE DE L'ECRITURE

Ecrire avant de lire ...

Naissance de l’écriture

Origine et transmission

Au temps où l’être commence à penser, à réfléchir, de bonne foi ce génie aux multiples paradoxes développe ses qualités morales en observant la nature: les animaux, les plantes, les astres, la mer.

 

D’abord il reconnaît les dieux, puis un seul Dieu qu’il respecte et vénère, enfin il se met à croire à la non-existence de Dieu … mais quelle que soit sa croyance, il nommeles êtres, les objets, les plantes et les animaux.

Ce langage lui permet d’échanger, de défaire et refaire le monde à l’image des enfants dans une cour de (ré)création, lieu de rencontre entre des mots qui se découvrent, un frère, une sœur, un cousin éloigné, toute une famille avec un son, une forme, un sens, un nom. A l’état brut les lettres sont rugueuses et leur sens est rude; mais, comme la pierre, elles peuvent être touchées, caressées, polies, ciselées jusqu’à posséder un peu de ce souffle incarné par la lettre E, grâce à la main de cet artisan qui, par son travail, deviendra (é)rudit.

La formation des langues relève de la nature même de l’homme: observer, décrire, symboliser, partager.

Du Sud au Nord, les langues ont été investies des caractéristiques des peuples qui les ont forgées: plus ou moins colorées ou bien allant de façon nécessaire à l’essentiel, plus ou moins imaginatives ou utilitaires.

Dans ce bouillonnement créatif, des notions universelles se dégagent. Des hommes découvrent des mots que d’autres font voyager. Puis, après la réalité physique vient le temps de la métaphysique ; il faut aller plus loin, inventer d’autres mots qui décriront ce que les yeux ne peuvent voir.

La parole, symbolisée en chinois par une bouche, un toit et de l’eau, est synonyme de richesse. L’écriture est un corollaire de la parole, charriée par les siècles – sept siècles entre le phénicien (15èmes. av. N.E.) et le grec (8èmes. av. N.E.) ; quinze siècles de la divination sur des os et des écailles de tortue à la fixation de l’écriture chinoise (1ersiècle, dans une forme latine). Il s’agit en fait d’un long travail de tâtonnement.

Combien de chercheurs et de savants se sont-ils épuisés dans l’ombre à cette tâche méticuleuse de reconstitution de l’écriture? Pourtant, sans eux, point de compréhension du monde antique et à fortioride celui qui nous entoure, et nous savons bien que l’incompréhension engendre la violence.

Origine des mots

Si l’origine précise de la parole nous est inconnue …

L’homme a toujours voulu pénétrer ce mystère de l’écriture, afin de pouvoir signer, prier, communiquer. Pour cela il s’est caché, éloigné, placé au-delà de tout, de l’Occident ou de l’Orient. Aussi, depuis toujours, a-t-il fui les préjugés, sachant que la vie résulte d’une meilleure compréhension entre les peuples, leur langue et leur écriture, luttant jusque dans sa racine la plus profonde contre l’illettrisme et l’alphabétisme qui, avant même la lecture et l’écriture, procèdent avant tout de l’indifférence à l’égard de l’autre.

Origine des mots

nous savons écrire depuis 2000 ans avant notre ère.

Les mots que vous trouverez dans ce volume sont des mots simples, utilisés couramment en français, dont la racine est plus profonde qu’on ne pourrait le penser. Les dictionnaires nous donnent leur signification et brièvement leur étymologie, en grec ou en latin, rarement plus loin, un peu comme si l’on étudiait la Renaissance sans commencer par le Moyen-âge, et le Moyen-âge sans entreprendre l’Antiquité.

Ecrire …

Il fallait écrire pour conserver et protéger la trace d’une civilisation et, plus généralement, exister.

Ecrire …

En Europe …

La racine sémantique du courant indo-européen skerou kerpossède l’idée de «couper» (inciser). En sanskrit krihsignifie «couteau». Si, en français, on dit écrire, en italien scrivere, en espagnol escribir, en allemand schreiben– qui signifient «tracer des caractères»- c’est que l’écriture est une incision. En grec graphô«égratigner», «déchirer». En anglais write, en néerlandais rejtenet en suédois ritasignifient «dessiner».

L’incision, la taille nous laissent à penser que l’argile et la pierre ont été les premiers supports de l’écriture.

Une idée intéressante nous renvoie à l’arabe katabou yaktoub qui signifient «laisser des traces», des traces faites par les pieds du nomade, et à l’idée d’écriture comme «rassemblement des lettres ou des chevaux» (katiba, «escadron»).

Quant aux runes, elles nous renvoient à l’idée du mystère ou du secret (runaen irlandais), où l’écriture est une forme de chuchotement.

Notre langue française s’est formée avec des mots d’origine étrangère … Celtique comme arpent, bec, quai, vassal … allemande comme bac, guerre, cingler, homard, phoque … arabe comme café, émir ou zouave … italienne commeadagio, banque, opéra, pantalon … portugaise comme mandarin et sorbet … hébreu comme abbé, chérubin, amen, éden … provençale comme cigale, mistral, corsaire … anglaise comme chèque, clown, express … et ainsi de suite.

 

Il s’agissait déjà de l’Europe des mots en marche! La langue française est également constituée de noms devenus célèbres. Ainsi l’on traitera un hypocrite de tartuffe (Molière), un homme de chauvin (personnage de l’armée napoléonienne d’un patriotisme aveugle), ou d’hercule (Mythologie)

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